Un pigeon, deux pigeons, trois pigeons…

Avignon. ND des Doms et au loin le campanile des Augustins.

Mais ce n’est pas pour eux que j’avais pris la photo, non c’était pour les pigeons. Bien alignés sur les rebords du toit, quelque uns sur les cheminées, ils surveillent. Oui, mais quoi ? La moindre miette de pain qui tomberait dans le jardin des Doms. Une personne charitable qui leur apporterait à manger ? La première miette lancée, un pigeon, puis deux, puis trois, et puis tous, viendraient quémander. Je m’amuse à le faire parfois, lorsque j’attends le bus à Valence, sur les boulevards. J’achète un pain, si possible avec des graines, et je commence avec un pigeon. Les autres ne sont pas très longs à venir comme s’ils se lançaient des signaux. Je les aime ces pigeons que d’aucuns considèrent comme des prédateurs de la ville. Non, ne riez pas !

Le chemin des artistes

Une manifestation d’ampleur organisée dans plusieurs villages de la Drôme, sous l’égide de l’agglomération de Valence Romans,

L’occasion pour moi d’y participer, dans la commune de Chatuzange du Goubet. Deux jours placés sous le signe de la rencontre, d’autres pratiquants et du public. Une très belle organisation et un accueil chaleureux. Merci à celles et ceux qui ont fait que cet événement ait lieu et à celles et ceux qui ont aimé mes peintures,

Trois des tableaux exposés : Allex et le Vercors, Boffres, La plage de St Jean de Luz

Mais cela a été aussi l’occasion de rencontrer une artiste qui travaille la pâte à bois, et le tissus, qui deviendront papier : Agnès Veyre Serre

ici avec des champignons de papier, elle nous a montré comment les réaliser.
trajectoiresmetiersdart.com/

Le temps d’une master classe à la médiathèque de Valence qui accueille une exposition dans le cadre du chemin des artistes, présentant les œuvres des deux artistes invitées, Agnès Veyre-Serre et Cathy Marre. Beaucoup d’artistes sont ainsi prêts à partager leur savoir, leurs découvertes, leur passion pour un métier aussi ardu qu’il peut être gratifiant. Des artistes qui débordent de créativité, d’inventivité. Pour moi cela a été une énorme bouffée d’oxygène qui a balayé ces deux années de pandémie et de réclusion forcée, comme si, enfin, la porté était vraiment ouverte. Alors, ce n’est pas seulement aller admirer de belles choses, mais ces rencontres sont aussi nécessaires que l’air que l’on respire. Et moi, j’ai remis les mains sur le papier et mesuré combien ce contact me manquait.

Une partie de notre contribution à l’œuvre collective réalisée lors de la masterclass

Chat des villes

Il était là couché sur un compteur électrique, peut être à la recherche d’un peu de chaleur. Il s’est réveillé le temps de me dire bonjour et se laisser caresser. C’est rare pour être signalé qu’un chat à la rue se laisse toucher et aime ça. Il avait l’air en bonne forme et ne devait pas être un chat abandonné, même s’il n’avait aucun tatouage.

Et oui, je suis de ces personnes qui n’ont pas peur du ridicule et parlent aux animaux dans la rue. La plupart du temps les chats s’en vont, totalement indifférents, ils ont leur vie à mener, leurs propres expériences, et nous ne faisons pas forcément partie de leur univers. Il faut tisser des liens à long terme pour qu’un chat vous accepte et vous intègre à son monde. Mais, non, ils ne sont pas seulement intéressés parce que nous leur donnons à manger. Enfin, je veux essayer de le croire. Sourire !

Des fleurs, encore des fleurs !

Aujourd’hui reprise de la peinture à l’atelier partagé, un grand ouf, avec l’espoir de pouvoir poursuivre cette année, pas comme l’an dernier où octobre nous avait éloignées à nouveau des espaces de partage.

J’ai repris ce bouquet commencé en juin, et oui, chez moi je ne peins pas, manque de place surtout. Maintenant il faut que je décide s’il est terminé.

Jouer à la marelle avec la mort ?

Extrait d’une œuvre de Philippe Favier (tout petit détail) avec les mains du photographe en arrière plan, j’en demande pardon à l’artiste. Il nous offre une belle parabole.

Musée de Valence « ALLOVER – 25 09 2020 – prolongée jusqu’au 31 08 2021, pour cause de confinement et autres empêchements dus aux mesures anti covid.

Philippe Favier sur le Net

Nous jouons tous à la marelle avec la mort, la notre surtout. Plus nous avançons dans la vie plus elle se rapproche. Mais nous ne voulons pas la voir. Pire, on nous empêche de vraiment la faire nôtre, faire qu’elle ressemble à ce qu’a été notre vie, telle que nous l’avons voulue. Non, la mort nous devons la subir, ce sont les autres qui s’en chargent.

Si nous en avons les moyens nous pouvons aller la chercher à l’étranger, dans des pays où on ne la joue pas pour tenter de l’oublier.

Ah oui, pardon, j’oubliais, nous pouvons choisir notre « après », le choix du cercueil, du mode d’inhumation, tout ce qui nous sera totalement indifférent alors. Mais nos derniers moments, non !

La beauté de la fleur

Souvenir d’un cyclamen

La beauté des fleurs, faite de tout ce que l’on ne peut percevoir, ce sont des années et des années de recommencement perpétuel. Toutes, même les plus simples sont d’une extrême complexité. Cachée derrière celle que l’on voit , il y a encore toutes celles que l’on ignore et qui fait que toutes ces couleurs dont le rapprochement serait pour toute autre chose à hurler, chez elles se combine et s’harmonise.

Ce petit rien, si « naturel » a fait se damner tant de peintres et de coloristes qui ont tenté de voler leurs formes et leurs couleurs.

Et ce besoin d’accrocher les impressions reçues qui nous pousse à écrire, dessiner, photographier pour tenter de les restituer, lorsqu’on le ressent, n’a qu’une urgence : libérer. Et nous voici, gauches, malhabiles, butant sur la page vierge ou vide de l’outil qui nous serait utile et que nous ne savons trouver.

Et, ce qui semble comme cela, si simple et naturel, n’est en fait que le fruit d’années passées à s’user les yeux et tous les sens, dans un travail d’affinement de la perception, puis de l’apprentissage des moyens.

La facilité n’est qu’à ce prix.