Elle s’appelait « Mounette »

C’était notre première minette, et nous habitions alors le centre ville de Valence. Le Valence de l’après guerre (celle de 1940-45) n’avait rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Très peu de voitures, et les animaux étaient chez eux. Malgré tout, Mounette a préféré notre foyer à la rue.

C’était une minette adorable. Elle aimait bien se réfugier la nuit dans le four du poêle à charbon, éteint, mais qui gardait tout de même un peu de la chaleur de la journée. Elle nous a légué toute une lignée de Mounettes, et depuis, pour moi, toutes les chattes sont des Mounettes.

Vous avez dit pandémie ?

Mai 2020, nous sortions peu à peu du confinement sévère imposé au début de ce l’on appelle une pandémie. Le 6 j’avais reçu un masque en tissu, distribué par la Mairie.

Je l’ai repris pour pouvoir l’utiliser. Rappelez vous, on nous avait dit les masques sont inutiles, bien sûr, il n’y en avait pas assez pour tout le monde. Pour ma part, il m’en restait quelques uns, car oui, j’en avais. Maman étant en Ehpad, si je voulais aller la voir lorsque j’étais un peu enrhumée : masque obligatoire. Et aujourd’hui, contre Omicron, le masque en tissu s’avère inopérant. Mais nous avons l’habitude à présent de ces mesures yoyo.

L’une de mes premières sorties après le confinement, sur les bords du Rhône, inaccessibles depuis des mois, comme tous les parcs et jardins. L’herbe a beaucoup poussé et les canards avaient pris possession des lieux, touts surpris de croiser des chiens et des humains surtout.

Nous avons peut être oublié à quel point ce confinement a été difficile. Tout ce que nous vivons depuis montre aussi à quel point tout le monde est désorienté par une épidémie qui ne nous dépasse que parce que nous ne pouvons pas traiter les cas graves. Une preuve :

Alors ? Convaincus ? A noter que la peste n’a pas disparu de la planète, elle sévit encore en Afrique, Asie et Amérique, et serait même résurgente. Institut Pasteur .

A nous de nous poser les bonnes questions : faisons nous les bons choix ? Pouvons nous faire confiance à ceux qui font ces choix pour nous ? Notre vie, la vie des Humains est-elle moins importante que leurs profits ?

A Poudre !

C’était il y a un an jour pour jour…

Il y a un an Poudre me quittait, après une maladie courte mais violente, j’ai du la faire piquer. Je pense que j’aurais pour toujours l’image de son petit corps inerte entre mes mains. J’avais fait appel à tout mon courage pour faire cette dernière photo avec elle, les yeux marqués par une nuit sans sommeil et le chagrin, déjà.

Alors, oui, elle n’a toujours pas été remplacée et ne le sera pas. Une autre minette est venue chez moi, si différente que cela sera une nouvelle aventure (lundi 24 janvier 2022)

Une haie de glaïeuls

Ils deviennent rares dans les jardins et sur les étals des fleuristes. J’étais donc contente d’en voir dimanche dans un jardin d’Ardèche, surveillés par un épouvantail en boites de conserves.

Pour moi, ils sont pour toujours reliés au souvenir de ma grand mère qui en cultivait dans son jardin, en haies aussi au pied des légumes et pour rythmer les allées. J’aimais bien aussi les bouquets de glaïeuls, dont les fleurs s’ouvraient au fil des jours. Ils sont passés de mode, ainsi va le cours de nos goûts et envies.

Nuit des étoiles

de gauche à droite, moi, mon père et ma sœur

Souvenir déjà ancien de l’une des « nuits des étoiles » passées au Col des Limouches dans le Vercors, avec le club d’astronomie auquel mon père participait. Et oui, nous sommes bien au mois d’août, ne pas se fier aux tenues… Et encore, malgré doudounes et vêtements chauds nous grelotions passé minuit. Mais la découverte du ciel d’été valait cet inconvénient.

La nuit les étoiles c’est en effet en août, lorsque les astéroïdes pleuvent dans le ciel depuis les Perséides.

« Mon doux mois d’août dont le ciel pleut
Des étoiles sur les monts calmes » Louis Aragon Chanson Noire.

Je n’ai plus vraiment eu l’occasion de lire le ciel d’été depuis, la luminosité empêche même de voir la Voie lactée. Sauf à une seule occasion où j’étais allée à Saint Michel l’Observatoire pour une découverte à l’aide de plusieurs appareils, j’en garde un souvenir ébloui, celui de retrouver le ciel de mon enfance. Quoi de plus stimulant pour le rêve, et apaisant à la fois, que de se plonger dans le ciel étoilé avant d’essayer de trouver le sommeil ?

L’association a participé à l’installation d’un « parcours » des étoiles à Beaumont les Valence – sur le site de la Drôme tourisme

Les visages du passé

« cubes » trouvés sur le forum hardware.fr
Patrick McGoohan dans le Prisonnier

J’avais trouvé cette image pour illustrer le pouvoir des images. Vous connaissez le principe : il faut brouiller sa vue jusqu’à obtenir une image 3D.

J’ai une fâcheuse tendance à me laisser briser par les autres et pour m’en sortir je n’ai trouvé qu’un moyen : fuir les visages hostiles de celles et ceux qui m’ont fait souffrir. Mais gommer son passé ce n’est pas vraiment possible. Partir ailleurs pour ne plus risquer de rencontrer ces visages au détour d’une rue. Illusion !

Surgis d’un passé que je voulais oublier, ces visages de la haine ordinaire, hermétiques masques de l’apparente humanité partagée. Une mauvaise rencontre ne peut ternir la lumière d’un jour nouveau, se dire que ce n’était qu’une illusion d’optique.

Oublier ? Croire, comme le prisonnier que l’on peut s’évader de son passé ? Illusion !