Nous jouions aux châtelaines

1990, j’habitais encore Mâcon et nous visitions Berzé le Châtel. Avec Marie José nous n’avons pas résisté à essayer ces emplacements que l’on trouve souvent dans les châteaux, où l’on pouvait profiter de la lumière, voire du soleil comme ici.

Un bon souvenir des retrouvailles de l’été, lorsque Marie José venait pour les vacances, qu’elle « devait » passer en France. Elle vivait à Londres et ces occasions de nous retrouver tous étaient trop rares.

Tous les moyens étaient bons pour que tous viennent à Mâcon, et le riche patrimoine de la région apportait de bonnes raisons pour des balades qui nous permettaient de nous retrouver autour d’un intérêt commun pour la découverte.

Cette photo n’est pas de moi, bien sûr, et n’a pas été prise avec mon appareil, mais celui de maman, un petit automatique peu performant, mais elle me permet de conserver le souvenir de ce très bon moment. J’avais fait de mon côté des photos avec mon argentique, mais je ne les ai pas scannées.

Berzé-le-Châtel est une commune française située dans le département de Saône-et-Loire en région Bourgogne-Franche-Comté.

https://berze.fr/

L’impression de voler.

Atteindre l’oiseau, et aussi légère que lui, tournoyer dans l’espace, le rêve ! Alors, si je veux continuer de rêver, je dois fractionner mon regard lorsque je suis au bord de la falaise, et ne regarder qu’au loin, le Rhône et ses méandres, oublier le rebord…

Le vertige est une sensation qui se maitrise difficilement, surtout lorsqu’on a peur par anticipation. C’est pour cela que j’envie l’oiseau, il n’a pas ses pieds collés au sol pour lui rappeler que le vide est une notion qui leur est reliée.

J’ai découpé la photo prise du haut de la colline de Crussol et ses à-pic, pour moi, vertigineux, pour essayer de restituer ce que je suis obligée de faire. Sachant, que le plus souvent, c’est la partie du bas que je m’efforce d’oublier.

Quelquefois j’ai le vertige simplement en regardant une photo.

Mon tout premier APN

2005, je pars de Carpentras pour Avignon et comme cadeau de départ, mes collègues m’offrent ce petit APN qui permettra ma transition vers le numérique, irréversible.

Il m’accompagnera pendant 5 ans, et j’ai fait de belles photos avec lui… et je l’ai toujours. Mais un bémol : il ne possède pas de stabilisateur, ce qui m’en a fait rater beaucoup, des photos. Depuis, j’en ai usé deux autres. Nous sommes loin des appareils argentiques qui étaient des compagnons à vie, voire pour plusieurs générations.

La danse des libellules

On devine à gauche les agrions accouplés (Jardin des plantes tinctoriales de Lauris) et à droite un autre est posé sur une herbe(bord du Rhône à Guilherand).

Photographier les libellules tient de la gageure lorsqu’on n’a pas le top des appareils, aussi, je suis assez contente lorsque je peux le faire dans d’assez bonnes conditions. Il faut attendre qu’elle veuille bien se poser et rester un temps assez long. J’étais donc vraiment heureuse d’avoir pu immortaliser ce couple, hélas au sol ce qui n’est pas le mieux, mais bon, elles étaient tellement occupées qu’elles n’ont pas du tout fait attention à moi,

Prochain challenge, ou pas, les photographier en vol ?

Histoire d’épaves

J’avais photographié cette « épave » sortie du Rhône en mars 2017, en contrebas de l’autoroute à Valence.

Octobre 2019 : l’une des deux motos sorties du Rhône lors du nettoyage collectif des berges. Et à droite un autre cycle, l’année précédente.

D’autres épaves… On le sait la tentation est grande de jeter ses ordures au fleuve. En 1993 j’avais photographié des voitures qui venaient d’être retirées du Rhône, sur la rive ardéchoise. Elles avaient du y séjourner longtemps car elles s’étaient couvertes de coquillages…

Je me souviens des promenades au bord du Rhône lorsque j’étais enfant, alors même que les abords n’avaient pas encore été viabilisés comme ils le sont aujourd’hui et nous marchions souvent sur des bancs de galets, oui, alors, il nous arrivait de voir des « charognes », cadavres d’animaux tombés dans l’eau du fleuve et qui s’échouaient là.

Pour le terme « charogne » je me suis inspirée de Baudelaire, pour lire son poème « Une Charogne » voir ICI

Mais c’est aussi ce terme choisi par le grand photographe Lucien Clergue pour  une série de clichés, « les charognes des bords du Rhône » – Lucien Clergue les premiers albums – Boutiques des musées

To smoke or not to smoke ?

Avez vous fumé ? Ou vécu avec des fumeurs ?

Moi oui, j’ai fumé, longtemps, et j’avais souvent l’impression de vivre dans un cendrier,

Ce dessin de Blachon me suit depuis longtemps, mais pourtant il ne m’a pas dissuadée de fumer sur mon lieu de travail, enfumant mes collègues, faisant taire mes scrupules devant leurs remarques (dont celle de l’odeur de tabac froid qui s’incruste partout). Non, j’étais trop accro. (*)

Cela fait à présent près de 27 ans que je ne fume plus et je redoute encore plus cette odeur de tabac froid. Cela a été dur, très dur d’arrêter, une énième fois, et de tenir sans rechuter. Mais bon, j’ai été aidée par un médecin qui m’a poussée et tirée, m’obligeant à tenir mes engagements. Il en allait de ma santé. Et j’ai découvert, au bout des premiers mois plus que difficiles, la liberté d’être débarrassée de cette aliénation.

Alors oui, j’ai eu encore la tentation de la cigarette, difficile de se débarrasser d’un coup d’années de servitude, mais peu à peu, l’envie est partie.

Fumer n’est plus qu’un lointain souvenir, et depuis je respire un peu mieux.

                    (*) depuis c’est interdit, et devoir sortir pour fumer m’a sans doute aidée

Je mets en lien le site de Roger Blachon  : http://www.rogerblachon.net/

un dessinateur à l’humour subtil. Le dessin, je l’avais découpé, mais où je ne sais plus, cela fait si longtemps.