Promenade habituelle

Le ciel hier soir, mais finalement il n’a pas plu…

Hier soir donc, j’avais pris mon appareil photo, avec l’idée d’en faire, des photographies. Ici, le parc juste en face de chez moi, avec ses massifs toujours fleuris et ses arbres. J’en parlerai souvent, car il est aussi devant l’Ehpad où maman passe ses derniers jours, sous surveillance, car Alzheimer est un compagnon dangereux. Donc, j’y passe régulièrement et le parc me permet de me laver un peu l’esprit, les fleurs, les poules du poulailler communal, me réconfortent avant de rentrer chez moi.

L’impression de voler.

Atteindre l’oiseau, et aussi légère que lui, tournoyer dans l’espace, le rêve ! Alors, si je veux continuer de rêver, je dois fractionner mon regard lorsque je suis au bord de la falaise, et ne regarder qu’au loin, le Rhône et ses méandres, oublier le rebord…

Le vertige est une sensation qui se maitrise difficilement, surtout lorsqu’on a peur par anticipation. C’est pour cela que j’envie l’oiseau, il n’a pas ses pieds collés au sol pour lui rappeler que le vide est une notion qui leur est reliée.

J’ai découpé la photo prise du haut de la colline de Crussol et ses à-pic, pour moi, vertigineux, pour essayer de restituer ce que je suis obligée de faire. Sachant, que le plus souvent, c’est la partie du bas que je m’efforce d’oublier.

Quelquefois j’ai le vertige simplement en regardant une photo.

La danse des libellules

On devine à gauche les agrions accouplés (Jardin des plantes tinctoriales de Lauris) et à droite un autre est posé sur une herbe(bord du Rhône à Guilherand).

Photographier les libellules tient de la gageure lorsqu’on n’a pas le top des appareils, aussi, je suis assez contente lorsque je peux le faire dans d’assez bonnes conditions. Il faut attendre qu’elle veuille bien se poser et rester un temps assez long. J’étais donc vraiment heureuse d’avoir pu immortaliser ce couple, hélas au sol ce qui n’est pas le mieux, mais bon, elles étaient tellement occupées qu’elles n’ont pas du tout fait attention à moi,

Prochain challenge, ou pas, les photographier en vol ?

To smoke or not to smoke ?

Avez vous fumé ? Ou vécu avec des fumeurs ?

Moi oui, j’ai fumé, longtemps, et j’avais souvent l’impression de vivre dans un cendrier,

Ce dessin de Blachon me suit depuis longtemps, mais pourtant il ne m’a pas dissuadée de fumer sur mon lieu de travail, enfumant mes collègues, faisant taire mes scrupules devant leurs remarques (dont celle de l’odeur de tabac froid qui s’incruste partout). Non, j’étais trop accro. (*)

Cela fait à présent près de 27 ans que je ne fume plus et je redoute encore plus cette odeur de tabac froid. Cela a été dur, très dur d’arrêter, une énième fois, et de tenir sans rechuter. Mais bon, j’ai été aidée par un médecin qui m’a poussée et tirée, m’obligeant à tenir mes engagements. Il en allait de ma santé. Et j’ai découvert, au bout des premiers mois plus que difficiles, la liberté d’être débarrassée de cette aliénation.

Alors oui, j’ai eu encore la tentation de la cigarette, difficile de se débarrasser d’un coup d’années de servitude, mais peu à peu, l’envie est partie.

Fumer n’est plus qu’un lointain souvenir, et depuis je respire un peu mieux.

                    (*) depuis c’est interdit, et devoir sortir pour fumer m’a sans doute aidée

Je mets en lien le site de Roger Blachon  : http://www.rogerblachon.net/

un dessinateur à l’humour subtil. Le dessin, je l’avais découpé, mais où je ne sais plus, cela fait si longtemps.

Le chat et les fleurs

Souvenir en peinture d’une minette que l’on avait trouvée dans le jardin de mes parents, à un retour de vacances. Et qui aimait bien sentir les fleurs.

Nous avions du la laisser au refuge, après une visite chez le vétérinaire. Cela a été un vrai déchirement et je n’ai jamais cessé de penser que j’aurais du la garder. Je ne me souviens même plus de la raison qui m’en a empêché.

Comme un oiseau sur la branche !

Souvenir de ma prise de contact avec l’enluminure lors d’un stage organisé par la Bibliothèque de Troyes. On le sait, l’une des plus riches de France en ce domaine, car elle a hérité, entre autres, des œuvres de l’abbaye de Cîteaux. Or, donc, nous avions choisi nos modèles et composé à partir de plusieurs. J’avais aimé cet oiseau qui nous donne le la en notation par lettres.

Et je me compare un peu à cet oiseau, perché sur sa branche et qui chante en se moquant de tout, sans être inquiet par son avenir. Je me suis retrouvée en retraite avant même de l’avoir envisagée et je n’ai rien préparé. Mais j’en ai malgré tout bien profité depuis 12 ans déjà. A part la jeunesse, sans doute la meilleure partie de ma vie. Et même si je n’ai rien construit, j’ai essayé ce que j’avais envie d’essayer, et notamment les techniques d’expression artistique. Et même si je n’ai jamais été Cézanne, comme le disait Aragon, même si je savais que jamais je ne révolutionnerai l’art, et surtout l’art contemporain, j’ai apprécié le chemin de la découverte, par l’intérieur, de beaucoup de moyens d’expression plastique. Tenter de partager un peu du chemin des artistes eux-mêmes.

Et j’avoue que cette manière de faire m’a permis d’évoluer dans mes choix, mon avis sur l’art en général, d’aimer et apprécier des périodes entières qu’avant j’aurais jeté à la poubelle. On est comme cela lorsqu’on est jeune, on a des avis très tranchés. Par exemple j’ai appris à apprécier certaines œuvres du XIXe siècle, pire encore du XVIIe.

Dépoussiérer son regard, comme on dépoussière les œuvres d’art.

Et en regardant ce petit détail de l’une de mes premières enluminures je pense toujours à la chanson de Leonard Cohen : Bird on the wire qui me semble si bien illustrer la manière dont je me suis laissée porter par ma vie,

Like a bird on the wire,
Comme un oiseau sur un fil

I have tried in my way to be free.
J’ai essayé a ma manière d’être libre

J’ai enlevé la phrase sur l’ivrogne, car j’ai toujours essayé de ne pas en être une.