Le chemin des artistes

Une manifestation d’ampleur organisée dans plusieurs villages de la Drôme, sous l’égide de l’agglomération de Valence Romans,

L’occasion pour moi d’y participer, dans la commune de Chatuzange du Goubet. Deux jours placés sous le signe de la rencontre, d’autres pratiquants et du public. Une très belle organisation et un accueil chaleureux. Merci à celles et ceux qui ont fait que cet événement ait lieu et à celles et ceux qui ont aimé mes peintures,

Trois des tableaux exposés : Allex et le Vercors, Boffres, La plage de St Jean de Luz

Mais cela a été aussi l’occasion de rencontrer une artiste qui travaille la pâte à bois, et le tissus, qui deviendront papier : Agnès Veyre Serre

ici avec des champignons de papier, elle nous a montré comment les réaliser.
trajectoiresmetiersdart.com/

Le temps d’une master classe à la médiathèque de Valence qui accueille une exposition dans le cadre du chemin des artistes, présentant les œuvres des deux artistes invitées, Agnès Veyre-Serre et Cathy Marre. Beaucoup d’artistes sont ainsi prêts à partager leur savoir, leurs découvertes, leur passion pour un métier aussi ardu qu’il peut être gratifiant. Des artistes qui débordent de créativité, d’inventivité. Pour moi cela a été une énorme bouffée d’oxygène qui a balayé ces deux années de pandémie et de réclusion forcée, comme si, enfin, la porté était vraiment ouverte. Alors, ce n’est pas seulement aller admirer de belles choses, mais ces rencontres sont aussi nécessaires que l’air que l’on respire. Et moi, j’ai remis les mains sur le papier et mesuré combien ce contact me manquait.

Une partie de notre contribution à l’œuvre collective réalisée lors de la masterclass

Retenir le vent – Catch the wind

Le vent fait tournoyer les feuilles autour des sculptures d’Etienne Viard, dans la cour de la chapelle Saint Charles (Exposition « Acier » – Conseil Général de Vaucluse – 2012)… J’ai essayé de retenir, symboliquement, le vent, grâce à la course des feuilles mortes dans le soleil. « Acier » sur mon blog avignonnais.

Nous voudrions tous retenir le vent du temps, et si je parle du vent aujourd’hui c’est pour avoir vu il y a peu un reportage sur Joan Baez, et que jai redécouvert  la chanson de Donovan « Catch the wind ». Oui, vraiment merci Joan Baez, pour tout, pour être restée vous même au fil de toutes ces années bousculantes, toujours libre et fidèle à vos convictions. Alors, oui, vous avez sans doute réussi à retenir le vent, dépasser toutes les modes et vous renouveler sans cesse, sans rien lâcher de vos convictions. Un parcours exemplaire.

Joan Baez et sa soeur Mimi, c’est ensemble qu’elles chantaient catch the wind, sur youtube

Donovan, le créateur de cette chanson, n’a pas eu cette chance. On ne lui a jamais pardonné son virage spirituel et son  succès a été englouti par la vague punk, bien qu’il résiste et n’a rien lâché lui non plus.

Voir l’article : « Aussi influent que les Beatles et Dylan. »

Donovan se revendique avant tout poète, et pour en avoir une idée, voici le début de la chanson :

https://www.lacoccinelle.net/244278.html

Donovan – Catch the wind sur Youtube – article de Wikipedia

Jouer à la marelle avec la mort ?

Extrait d’une œuvre de Philippe Favier (tout petit détail) avec les mains du photographe en arrière plan, j’en demande pardon à l’artiste. Il nous offre une belle parabole.

Musée de Valence « ALLOVER – 25 09 2020 – prolongée jusqu’au 31 08 2021, pour cause de confinement et autres empêchements dus aux mesures anti covid.

Philippe Favier sur le Net

Nous jouons tous à la marelle avec la mort, la notre surtout. Plus nous avançons dans la vie plus elle se rapproche. Mais nous ne voulons pas la voir. Pire, on nous empêche de vraiment la faire nôtre, faire qu’elle ressemble à ce qu’a été notre vie, telle que nous l’avons voulue. Non, la mort nous devons la subir, ce sont les autres qui s’en chargent.

Si nous en avons les moyens nous pouvons aller la chercher à l’étranger, dans des pays où on ne la joue pas pour tenter de l’oublier.

Ah oui, pardon, j’oubliais, nous pouvons choisir notre « après », le choix du cercueil, du mode d’inhumation, tout ce qui nous sera totalement indifférent alors. Mais nos derniers moments, non !

L’humanité de Sebastião Salgado

Détail de l’une des photographies présentées en 2019 au Centre du Patrimoine Arménien à Valence, consacrée à l’Autre Amérique, celle de Sebastião Salgado. Détail qui montre l’acuité du regard de l’artiste, entre les mains qui disent tout de la situation de la femme et l’oiseau qu’elle protège, ou qu’elle a trouvé mort ?

J’ai vraiment découvert, et l’homme, et l’œuvre, dans le film que lui a consacré Wim Wenders, « Le Sel de la Terre ».

Et Sebastião Salgado, c’est aussi l’homme qui a planté une forêt.

Dans le labyrinthe

Non, nous ne sommes pas dans une œuvre de Claude Levêque, mais dans une vraie réalité, le circuit des carrières d’Alixan. En plus d’être spectaculaires, elles sont situées sous le village, l’entrée est même sous l’église. On imagine, un village construit au dessus du vide grâce auquel il a été bâti…

Autre particularité : il s’agit d’un village circulaire, ici sur Info Drôme.

Quant à Claude Levêque, si je l’évoque, c’est que bien sûr l’éclairage mis en place dans les carrières fait penser à son œuvre fondée en grande partie sur l’utilisation de néons. Qu’elle soit considérée comme l’on veut, subversive, dérisoire, ou tout autre, son œuvre avait fait de lui un plasticien majeur de l’art contemporain qui avait ses entrées dans les lieux les plus prestigieux. Et patatras, accusé de pédophilie, voilà que l’intérêt pour son œuvre s’effondre. Le monde des politiques, en particulier, mais pas seulement, est versatile. En quoi la personnalité d’un artiste peut-elle tout d’un coup enlever tout intérêt à son œuvre ? Ou bien était-elle déjà colosse aux pieds d’argile, basée sur du vent, oups, de la lumière ? Si je n’ai jamais été très convaincue par le travail (?) de Claude Levêque, pour avoir été à l’intérieur de l’œuvre présente à Avignon – collection Lambert : un long néon diffusant une lumière rouge qui rampe tout au long d’une salle située tout en haut, et basse de plafond ; certaines de ses propositions restent intéressantes. Je ne l’ai jamais porté aux pinacles, et je ne vois pas non plus pourquoi il faudrait tout à coup détruire le piédestal ? L’empêcher de travailler avec des enfants, sans doute (je viens de lire avec horreur qu’on lui avait permis de le faire), le poursuivre et le condamner s’il est coupable. Mais pour son œuvre qu’est-ce que cela change ? Ou elle était solide, elle existait en dehors de lui, ou elle n’existait pas,

alors ?

« The bathers » de Craig Hanna : le retour à la piscine ?

Elles m’avaient tapé dans l’œil ces baigneuses,  loin des formats standardisés de la mode, sauf par leur maigreur… Et je les avais choisies pour l’un des « Tableaux du samedi », sur mon blog « Entre Toiles et Papiers ».

C’était aussi l’occasion de parler d’un peintre contemporain qui est retourné aux codes classiques en les détournant avec les techniques actuelles (notamment la peinture sous plexiglas) et surtout nos préoccupations, ici l’apparence.

Graig Hanna sur Wikipedia

Né aux États Unis en 1967 il vit et travaille en France. 2012, l’année de cette œuvre, semble avoir représenté un tournant dans  son travail.

Si j’en parle ici, c’est que cela faisait partie de mes souhaits pour la sortie du confinement 2020 : retourner à la piscine. Oui, mais voilà, depuis je n’en n’ai plus du tout envie, encore moins le courage. Moi qui aime, dois-je dire « aimais », tellement l’eau, je n’ai plus du tout l’envie de retourner à la piscine municipale, avec tout le rituel, déshabillage, douche, traverser toute la piscine pour accéder au bassin du fond, tout ça pour faire les mouvements donnés par les kinés et nager un tout petit peu. Et le pire, sortir, retraverser toute la piscine, se re-doucher, puis se rhabiller encore toute humide.

Je me sens vraiment comme ces baigneuses, gauche et peu fière d’exhiber mon corps, ce corps qui m’a trahie et n’est plus vraiment le mien. L’été est revenu, avec lui la période où il y a le moins de monde à la piscine, et je n’ai toujours pas envie d’y retourner.