Le chemin des artistes

Une manifestation d’ampleur organisée dans plusieurs villages de la Drôme, sous l’égide de l’agglomération de Valence Romans,

L’occasion pour moi d’y participer, dans la commune de Chatuzange du Goubet. Deux jours placés sous le signe de la rencontre, d’autres pratiquants et du public. Une très belle organisation et un accueil chaleureux. Merci à celles et ceux qui ont fait que cet événement ait lieu et à celles et ceux qui ont aimé mes peintures,

Trois des tableaux exposés : Allex et le Vercors, Boffres, La plage de St Jean de Luz

Mais cela a été aussi l’occasion de rencontrer une artiste qui travaille la pâte à bois, et le tissus, qui deviendront papier : Agnès Veyre Serre

ici avec des champignons de papier, elle nous a montré comment les réaliser.
trajectoiresmetiersdart.com/

Le temps d’une master classe à la médiathèque de Valence qui accueille une exposition dans le cadre du chemin des artistes, présentant les œuvres des deux artistes invitées, Agnès Veyre-Serre et Cathy Marre. Beaucoup d’artistes sont ainsi prêts à partager leur savoir, leurs découvertes, leur passion pour un métier aussi ardu qu’il peut être gratifiant. Des artistes qui débordent de créativité, d’inventivité. Pour moi cela a été une énorme bouffée d’oxygène qui a balayé ces deux années de pandémie et de réclusion forcée, comme si, enfin, la porté était vraiment ouverte. Alors, ce n’est pas seulement aller admirer de belles choses, mais ces rencontres sont aussi nécessaires que l’air que l’on respire. Et moi, j’ai remis les mains sur le papier et mesuré combien ce contact me manquait.

Une partie de notre contribution à l’œuvre collective réalisée lors de la masterclass

Ambiance de campagne

Vue sur le Vercors depuis la plaine de Beaumont les Valence. J’aime l’ambiance et le tracteur rouge qui travaille, pendant que nous promenons. J’avais travaillé cette photo pour en faire une bannière de l’un de mes autres blogs, et je l’aime bien ainsi, toute en longueur, presque une peinture.

Où que j’aille balader, c’est rare que je ne trouve pas quelque chose à photographier. Et c’est bien ce qui m’intéresse le plus, photographier, plus que de marcher. Et rapporter ces petits bouts de souvenirs. Par eux, je revis ces balades en groupe, parfois même les discussions que nous avons eues. J’ai rapporté suffisamment de ces souvenirs pour compenser le fait que je ne peux plus marcher autant aujourd’hui.

Nuit des étoiles

de gauche à droite, moi, mon père et ma sœur

Souvenir déjà ancien de l’une des « nuits des étoiles » passées au Col des Limouches dans le Vercors, avec le club d’astronomie auquel mon père participait. Et oui, nous sommes bien au mois d’août, ne pas se fier aux tenues… Et encore, malgré doudounes et vêtements chauds nous grelotions passé minuit. Mais la découverte du ciel d’été valait cet inconvénient.

La nuit les étoiles c’est en effet en août, lorsque les astéroïdes pleuvent dans le ciel depuis les Perséides.

« Mon doux mois d’août dont le ciel pleut
Des étoiles sur les monts calmes » Louis Aragon Chanson Noire.

Je n’ai plus vraiment eu l’occasion de lire le ciel d’été depuis, la luminosité empêche même de voir la Voie lactée. Sauf à une seule occasion où j’étais allée à Saint Michel l’Observatoire pour une découverte à l’aide de plusieurs appareils, j’en garde un souvenir ébloui, celui de retrouver le ciel de mon enfance. Quoi de plus stimulant pour le rêve, et apaisant à la fois, que de se plonger dans le ciel étoilé avant d’essayer de trouver le sommeil ?

L’association a participé à l’installation d’un « parcours » des étoiles à Beaumont les Valence – sur le site de la Drôme tourisme

Besoin de bleu

J’aime photographier les reflets sur la peau du fleuve, mais aussi le jeu avec les silhouettes des herbes. Là j’ai forcé les couleurs pour que le bleu soit plus présent. En effet, comme beaucoup en ce moment, j’ai un besoin impératif de bleu, et je sais que si je vais me promener au bord du Rhône, j’en trouverai toujours.

Se balader dans la nature permet de se laver l’esprit, respirer loin des nouvelles terribles que la radio égrène. Et oui, je préfère suivre l’actualité ainsi, et voir le minimum d’images. Le bleu reste une couleur froide qui apaise et incite au spirituel.

Alors je l’ajoute à mes peintures… Ici le village d’Allex et le Vercors en toile de fond. D’après une photographie prise depuis le Mont Rôti, au dessus de Livron sur Drôme. La montagne elle aussi apporte souvent une touche de bleu

Des campaniles


Valence – Saint Jean / Beaumont les Valence – la porte fortifiée

Ces deux campaniles de la Drôme ont un air de famille.

Les campaniles sont une spécificité de la Provence, en Drôme du Nord, ils sont plus exceptionnels. On appelle « campaniles » les cages de fer qui dominent des clochers, plutôt civils, et qui sont une réponse à la violence du Mistral.

J’ai vraiment découvert la spécificité de ces cages de fer lors d’une conférence à Carpentras. Et j’ai acheté le livre :

Il est une invitation au rêve, notamment grâce aux textes et aux très belles illustrations.

Deux campaniles du Vaucluse : la tour de l’horloge à Carpentras à gauche et à droite, celui de Pernes les Fontaines.

Détails du campanile de Carpentras, l’un des plus « riches » en décorations et notamment les planètes…

Dans le labyrinthe

Non, nous ne sommes pas dans une œuvre de Claude Levêque, mais dans une vraie réalité, le circuit des carrières d’Alixan. En plus d’être spectaculaires, elles sont situées sous le village, l’entrée est même sous l’église. On imagine, un village construit au dessus du vide grâce auquel il a été bâti…

Autre particularité : il s’agit d’un village circulaire, ici sur Info Drôme.

Quant à Claude Levêque, si je l’évoque, c’est que bien sûr l’éclairage mis en place dans les carrières fait penser à son œuvre fondée en grande partie sur l’utilisation de néons. Qu’elle soit considérée comme l’on veut, subversive, dérisoire, ou tout autre, son œuvre avait fait de lui un plasticien majeur de l’art contemporain qui avait ses entrées dans les lieux les plus prestigieux. Et patatras, accusé de pédophilie, voilà que l’intérêt pour son œuvre s’effondre. Le monde des politiques, en particulier, mais pas seulement, est versatile. En quoi la personnalité d’un artiste peut-elle tout d’un coup enlever tout intérêt à son œuvre ? Ou bien était-elle déjà colosse aux pieds d’argile, basée sur du vent, oups, de la lumière ? Si je n’ai jamais été très convaincue par le travail (?) de Claude Levêque, pour avoir été à l’intérieur de l’œuvre présente à Avignon – collection Lambert : un long néon diffusant une lumière rouge qui rampe tout au long d’une salle située tout en haut, et basse de plafond ; certaines de ses propositions restent intéressantes. Je ne l’ai jamais porté aux pinacles, et je ne vois pas non plus pourquoi il faudrait tout à coup détruire le piédestal ? L’empêcher de travailler avec des enfants, sans doute (je viens de lire avec horreur qu’on lui avait permis de le faire), le poursuivre et le condamner s’il est coupable. Mais pour son œuvre qu’est-ce que cela change ? Ou elle était solide, elle existait en dehors de lui, ou elle n’existait pas,

alors ?