Un cormoran

Il a tout d’abord plongé dans le fleuve, et l’ai perdu un instant. Puis il est revenu se poster sur le pilier pour aérer ses plumes.

Rencontre éphémère, et lointaine, j’ai eu beaucoup de mal à le garder au centre de mon objectif. Je suis restée là un long moment à le regarder faire, insouciant de notre présence, tout au plaisir du bain (et sans doute de sa pêche) ; puis du soleil sur ses plumes.

J’étais sortie photographier les arbres, j’ai eu grand plaisir à faire sa rencontre. Les couleurs sur le Rhône étaient superbes hier soir, toute la douceur des teintes d’automne.

Vous avez dit vergerette ?

Lors de ma dernière balade j’ai vu cette plante un peu de partout, normal, il s’agit d’une invasive. En fait, cela doit être un aster, mais un aster importé. La première a poussé dans l’enclos des poules communales. L’autre au bord du Rhône où j’en ai vu tout le long des berges. Mais pour être invasive, elle n’en reste pas moins décorative.

Et si je l’appelle vergerette, c’est parce qu’elle est apparentée à la vergerette du Canada, et j’aime bien ce nom, bien plus que son nom latin : erigeron.

Je me suis prise de passion pour les plantes, et leur identification depuis près de 10 ans déjà, mais sans aucune formation particulière. J’avais mentionné l’aster d’été dans l’un de mes calendriers :

https://rencontresavecdesplantes.blogspot.com/2017/07/aster-dete-erigeron-annuus-sweet.html

Besoin de bleu

J’aime photographier les reflets sur la peau du fleuve, mais aussi le jeu avec les silhouettes des herbes. Là j’ai forcé les couleurs pour que le bleu soit plus présent. En effet, comme beaucoup en ce moment, j’ai un besoin impératif de bleu, et je sais que si je vais me promener au bord du Rhône, j’en trouverai toujours.

Se balader dans la nature permet de se laver l’esprit, respirer loin des nouvelles terribles que la radio égrène. Et oui, je préfère suivre l’actualité ainsi, et voir le minimum d’images. Le bleu reste une couleur froide qui apaise et incite au spirituel.

Alors je l’ajoute à mes peintures… Ici le village d’Allex et le Vercors en toile de fond. D’après une photographie prise depuis le Mont Rôti, au dessus de Livron sur Drôme. La montagne elle aussi apporte souvent une touche de bleu

Les vapeurs de la centrale de Cruas

On le sait la centrale nucléaire de Cruas dégage des vapeurs d’eau, et cette vapeur, nous la voyons un peu de partout ici : comme Crussol, la tour penchée de Soyons, la centrale est un point de repère dans le paysage de la vallée du Rhône. Je peux voir ces vapeurs de chez moi. Elles effacent malheureusement le beau village caché derrière, l’église romane exceptionnelle et les ruines du château.

Alors peut-on en faire des photographies « esthétiques », comme à gauche, vues depuis Saint Georges les Bains, elles prennent des allures « volcaniques », ou à droite depuis le pont de Valence, traversées par le soleil ? Il faut croire que oui… Si l’on omet les tours,

Telles que l’on peut les voir depuis l’autoroute, mais aussi depuis la voie ferrée. Avec un ciel bien gris en contraste, c’est encore mieux.

Je dépeins simplement ce qui existe, il ne s’agit aucunement d’une prise de position, un avis de photographe. Malgré tout, je voudrais tout de même dire que ces vapeurs omniprésentes nous rappellent à l’esprit la présence même de la centrale, et des risques qu’il ne faut jamais oublier.

Les restes d’une cabane de pécheur…

Il était un temps où l’on péchait dans le Rhône depuis ces cabanes installées près du bord. Ici en face de Soyons, dont la silhouette de la tour penchée signe le paysage. C’était en 1989, avant l’aménagement de la Voie Bleue…

A l’époque je revenais chez mes parents pour les vacances et souvent nous nous promenions aux bords du Rhône, alors plus sauvage qu’aujourd’hui. Nous aimions particulièrement cette partie là, entre Guilherand (à l’époque encore Granges lès Valence) et Soyons. Nous nous baladions au milieu des vergers. Il n’en reste rien aujourd’hui, la voie Bleue a aménagé les rives du fleuve, endiguées, et surtout le pont des Lônes a coupé la zone en deux. Un souvenir plus ancien, je n’ai pas connu, avec une carte postale qui montre des moutons, je pense qu’il s’agit de ce que l’on appelait « les îles », où l’on péchait l’anguille et où on pouvait trouver des morilles.

Mais peut-être est-ce un peu plus loin ? Et je ne saurais dire de quand date ce cliché.

Il faut tout de même préciser qu’avant ces aménagements, la basse ville de Valence était inondée presque chaque année, tout comme la rive ardéchoise, et que la promenade au bord du Rhône n’était pas sans risques.

L’impression de voler.

Atteindre l’oiseau, et aussi légère que lui, tournoyer dans l’espace, le rêve ! Alors, si je veux continuer de rêver, je dois fractionner mon regard lorsque je suis au bord de la falaise, et ne regarder qu’au loin, le Rhône et ses méandres, oublier le rebord…

Le vertige est une sensation qui se maitrise difficilement, surtout lorsqu’on a peur par anticipation. C’est pour cela que j’envie l’oiseau, il n’a pas ses pieds collés au sol pour lui rappeler que le vide est une notion qui leur est reliée.

J’ai découpé la photo prise du haut de la colline de Crussol et ses à-pic, pour moi, vertigineux, pour essayer de restituer ce que je suis obligée de faire. Sachant, que le plus souvent, c’est la partie du bas que je m’efforce d’oublier.

Quelquefois j’ai le vertige simplement en regardant une photo.