Retenir le vent – Catch the wind

Le vent fait tournoyer les feuilles autour des sculptures d’Etienne Viard, dans la cour de la chapelle Saint Charles (Exposition « Acier » – Conseil Général de Vaucluse – 2012)… J’ai essayé de retenir, symboliquement, le vent, grâce à la course des feuilles mortes dans le soleil. « Acier » sur mon blog avignonnais.

Nous voudrions tous retenir le vent du temps, et si je parle du vent aujourd’hui c’est pour avoir vu il y a peu un reportage sur Joan Baez, et que jai redécouvert  la chanson de Donovan « Catch the wind ». Oui, vraiment merci Joan Baez, pour tout, pour être restée vous même au fil de toutes ces années bousculantes, toujours libre et fidèle à vos convictions. Alors, oui, vous avez sans doute réussi à retenir le vent, dépasser toutes les modes et vous renouveler sans cesse, sans rien lâcher de vos convictions. Un parcours exemplaire.

Joan Baez et sa soeur Mimi, c’est ensemble qu’elles chantaient catch the wind, sur youtube

Donovan, le créateur de cette chanson, n’a pas eu cette chance. On ne lui a jamais pardonné son virage spirituel et son  succès a été englouti par la vague punk, bien qu’il résiste et n’a rien lâché lui non plus.

Voir l’article : « Aussi influent que les Beatles et Dylan. »

Donovan se revendique avant tout poète, et pour en avoir une idée, voici le début de la chanson :

https://www.lacoccinelle.net/244278.html

Donovan – Catch the wind sur Youtube – article de Wikipedia

Nuit des étoiles

de gauche à droite, moi, mon père et ma sœur

Souvenir déjà ancien de l’une des « nuits des étoiles » passées au Col des Limouches dans le Vercors, avec le club d’astronomie auquel mon père participait. Et oui, nous sommes bien au mois d’août, ne pas se fier aux tenues… Et encore, malgré doudounes et vêtements chauds nous grelotions passé minuit. Mais la découverte du ciel d’été valait cet inconvénient.

La nuit les étoiles c’est en effet en août, lorsque les astéroïdes pleuvent dans le ciel depuis les Perséides.

« Mon doux mois d’août dont le ciel pleut
Des étoiles sur les monts calmes » Louis Aragon Chanson Noire.

Je n’ai plus vraiment eu l’occasion de lire le ciel d’été depuis, la luminosité empêche même de voir la Voie lactée. Sauf à une seule occasion où j’étais allée à Saint Michel l’Observatoire pour une découverte à l’aide de plusieurs appareils, j’en garde un souvenir ébloui, celui de retrouver le ciel de mon enfance. Quoi de plus stimulant pour le rêve, et apaisant à la fois, que de se plonger dans le ciel étoilé avant d’essayer de trouver le sommeil ?

L’association a participé à l’installation d’un « parcours » des étoiles à Beaumont les Valence – sur le site de la Drôme tourisme

Histoire d’épaves

J’avais photographié cette « épave » sortie du Rhône en mars 2017, en contrebas de l’autoroute à Valence.

Octobre 2019 : l’une des deux motos sorties du Rhône lors du nettoyage collectif des berges. Et à droite un autre cycle, l’année précédente.

D’autres épaves… On le sait la tentation est grande de jeter ses ordures au fleuve. En 1993 j’avais photographié des voitures qui venaient d’être retirées du Rhône, sur la rive ardéchoise. Elles avaient du y séjourner longtemps car elles s’étaient couvertes de coquillages…

Je me souviens des promenades au bord du Rhône lorsque j’étais enfant, alors même que les abords n’avaient pas encore été viabilisés comme ils le sont aujourd’hui et nous marchions souvent sur des bancs de galets, oui, alors, il nous arrivait de voir des « charognes », cadavres d’animaux tombés dans l’eau du fleuve et qui s’échouaient là.

Pour le terme « charogne » je me suis inspirée de Baudelaire, pour lire son poème « Une Charogne » voir ICI

Mais c’est aussi ce terme choisi par le grand photographe Lucien Clergue pour  une série de clichés, « les charognes des bords du Rhône » – Lucien Clergue les premiers albums – Boutiques des musées

Ramer ?

Comme ce rameur isolé sur le Rhône devant le fameux pont d’Avignon, j’ai l’impression de ramer sans fin, non pas dans le sens du fleuve, mais à contre courant. Et comme tant d’autres, l’impression d’avoir fait du sur place depuis près de deux ans. Chaque fois que nous sortons un peu les rames de l’eau pour avancer, on nous oppose une nouvelle barrière pour bloquer nos élans.

Alors, comme Rimbaud, allons nous choisir de les descendre ces fleuves impassibles et nous laisser porter, rêver à ces berges accueillantes où tout serait permis ? Moi, cela fait des mois que j’ai cessé de ramer.

Au revoir Angélique

http://angelique-ionatos.com/

J’ai eu du mal à me décider de parler du départ, dans une indifférence médiatique presque totale, d’Angélique Ionatos.

Ces départs en cascade de celles et ceux qui m’ont accompagnée depuis ma jeunesse me plongent chaque jour d’avantage dans le vide. Et Angélique Ionatos était quelqu’un que j’aimais et admirais beaucoup. La seule artiste que j’allais écouter, et voir aussi, en concert, au fil de mes pérégrinations, et surtout à Avignon, à chaque fois que le Festival l’invitait. 

A chaque fois l’émotion, et plus encore, une sorte d’exaltation, étaient au rendez vous. Moi qui ne comprends pas le grec, j’étais pourtant en osmose, tant grâce à sa voix unique, que par la poésie si forte et si subtile qu’elle a toujours défendu.

Et elle savait aussi s’entourer, avec cette exigence de qualité qu’elle incarnait.

Mais ce qui dominait, toujours, c’était cette jubilation, cette impression de beauté essentielle.