Selfie dans le vent pour une expo

Selfie involontaire. Je voulais photographier un beau coucher de soleil sur le Rhône, oui, mais voilà, le vent était trop fort ce dimanche et je ne voyais pas ce que je faisais. J’ai donc fait un selfie à la place et il montre bien la force du vent.

Je me rendais à Valence, pour le dernier jour de notre exposition photo, sur le thème, duo dualité. Une belle expo, décalée d’un an pour cause de confinement en novembre 2020. Mais il y a eu des visiteurs cette année, et des visiteurs contents, dans l’ensemble.

Mon « coin » sur le thème l’eau et la glace

J’avais choisi la dualité de l’eau, sous la forme solide de la glace mêlée à l’élément liquide. Photos souvenir de la « grande glaciation » de 2010, pour les photos d’Avignon, et d’une année presque normale, en 2018 pour la fontaine de Valence.

Avec nous, Sophie Quiblier présentait ses sculptures,

Exposition avec le collectif PHOTO726

Chat des villes

Il était là couché sur un compteur électrique, peut être à la recherche d’un peu de chaleur. Il s’est réveillé le temps de me dire bonjour et se laisser caresser. C’est rare pour être signalé qu’un chat à la rue se laisse toucher et aime ça. Il avait l’air en bonne forme et ne devait pas être un chat abandonné, même s’il n’avait aucun tatouage.

Et oui, je suis de ces personnes qui n’ont pas peur du ridicule et parlent aux animaux dans la rue. La plupart du temps les chats s’en vont, totalement indifférents, ils ont leur vie à mener, leurs propres expériences, et nous ne faisons pas forcément partie de leur univers. Il faut tisser des liens à long terme pour qu’un chat vous accepte et vous intègre à son monde. Mais, non, ils ne sont pas seulement intéressés parce que nous leur donnons à manger. Enfin, je veux essayer de le croire. Sourire !

Jouer à la marelle avec la mort ?

Extrait d’une œuvre de Philippe Favier (tout petit détail) avec les mains du photographe en arrière plan, j’en demande pardon à l’artiste. Il nous offre une belle parabole.

Musée de Valence « ALLOVER – 25 09 2020 – prolongée jusqu’au 31 08 2021, pour cause de confinement et autres empêchements dus aux mesures anti covid.

Philippe Favier sur le Net

Nous jouons tous à la marelle avec la mort, la notre surtout. Plus nous avançons dans la vie plus elle se rapproche. Mais nous ne voulons pas la voir. Pire, on nous empêche de vraiment la faire nôtre, faire qu’elle ressemble à ce qu’a été notre vie, telle que nous l’avons voulue. Non, la mort nous devons la subir, ce sont les autres qui s’en chargent.

Si nous en avons les moyens nous pouvons aller la chercher à l’étranger, dans des pays où on ne la joue pas pour tenter de l’oublier.

Ah oui, pardon, j’oubliais, nous pouvons choisir notre « après », le choix du cercueil, du mode d’inhumation, tout ce qui nous sera totalement indifférent alors. Mais nos derniers moments, non !

L’humanité de Sebastião Salgado

Détail de l’une des photographies présentées en 2019 au Centre du Patrimoine Arménien à Valence, consacrée à l’Autre Amérique, celle de Sebastião Salgado. Détail qui montre l’acuité du regard de l’artiste, entre les mains qui disent tout de la situation de la femme et l’oiseau qu’elle protège, ou qu’elle a trouvé mort ?

J’ai vraiment découvert, et l’homme, et l’œuvre, dans le film que lui a consacré Wim Wenders, « Le Sel de la Terre ».

Et Sebastião Salgado, c’est aussi l’homme qui a planté une forêt.

Les restes d’une cabane de pécheur…

Il était un temps où l’on péchait dans le Rhône depuis ces cabanes installées près du bord. Ici en face de Soyons, dont la silhouette de la tour penchée signe le paysage. C’était en 1989, avant l’aménagement de la Voie Bleue…

A l’époque je revenais chez mes parents pour les vacances et souvent nous nous promenions aux bords du Rhône, alors plus sauvage qu’aujourd’hui. Nous aimions particulièrement cette partie là, entre Guilherand (à l’époque encore Granges lès Valence) et Soyons. Nous nous baladions au milieu des vergers. Il n’en reste rien aujourd’hui, la voie Bleue a aménagé les rives du fleuve, endiguées, et surtout le pont des Lônes a coupé la zone en deux. Un souvenir plus ancien, je n’ai pas connu, avec une carte postale qui montre des moutons, je pense qu’il s’agit de ce que l’on appelait « les îles », où l’on péchait l’anguille et où on pouvait trouver des morilles.

Mais peut-être est-ce un peu plus loin ? Et je ne saurais dire de quand date ce cliché.

Il faut tout de même préciser qu’avant ces aménagements, la basse ville de Valence était inondée presque chaque année, tout comme la rive ardéchoise, et que la promenade au bord du Rhône n’était pas sans risques.

Histoire d’épaves

J’avais photographié cette « épave » sortie du Rhône en mars 2017, en contrebas de l’autoroute à Valence.

Octobre 2019 : l’une des deux motos sorties du Rhône lors du nettoyage collectif des berges. Et à droite un autre cycle, l’année précédente.

D’autres épaves… On le sait la tentation est grande de jeter ses ordures au fleuve. En 1993 j’avais photographié des voitures qui venaient d’être retirées du Rhône, sur la rive ardéchoise. Elles avaient du y séjourner longtemps car elles s’étaient couvertes de coquillages…

Je me souviens des promenades au bord du Rhône lorsque j’étais enfant, alors même que les abords n’avaient pas encore été viabilisés comme ils le sont aujourd’hui et nous marchions souvent sur des bancs de galets, oui, alors, il nous arrivait de voir des « charognes », cadavres d’animaux tombés dans l’eau du fleuve et qui s’échouaient là.

Pour le terme « charogne » je me suis inspirée de Baudelaire, pour lire son poème « Une Charogne » voir ICI

Mais c’est aussi ce terme choisi par le grand photographe Lucien Clergue pour  une série de clichés, « les charognes des bords du Rhône » – Lucien Clergue les premiers albums – Boutiques des musées